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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 22:38

Du haut de ses dix-sept ans et pour la première fois, Camille est heureuse.

Heureuse, mais épuisée. Exténuée. Il faut dire qu’elle a perdu une quantité importante de sang. Allongée sur son lit d’hôpital, encore affaiblie par l’effort produit, elle fixe avec un mélange de fascination et de dégoût le petit tuyau qu’on lui a planté dans la peau pour l’alimenter en fer. L’enfant s’est endormi sur sa poitrine plate comme une limande. Surmontant sa culpabilité, elle consent enfin à poser ses grands yeux sombres sur cette boule de chair - cet alien comme elle disait avec écoeurement durant sa grossesse - sortie de ses entrailles de mère, elle qui n’est pourtant qu’une gamine. La gorge serrée, Camille regarde ce petit bout de vie, ce minuscule prolongement d’elle-même.

Avant d’éclater en sanglots.

Au début, elle n’en voulait pas de ce bébé. Hors de question. Un mouflet entre les pattes n’entrait pas dans ses plans immédiats. Elle avait sa life à faire d’abord. De toute manière, les gosses, elle détestait ça. Mais sa famille, versaillaise et catholique jusqu’au bout de leurs ongles manucurés, s’était farouchement opposée à l’avortement. Éclaboussés par le déshonneur, souillés par le scandale, son père et sa mère assumeraient quand même. Tomber enceinte à seize ans, c’était la provocation suprême, l’insulte ultime qu’elle avait infligée à ses grenouilles de bénitier de parents, comme un bon gros crachat sur leur figure de batracien. Cette fois, elle avait fait fort. Le scorpion tatoué sur l’épaule en loucedé, les séances de shit, se raser le crâne, les cadavres de bouteilles de J&B sous son plumard, tout ça, à côté, c’était « de la gnognote » dixit Daphné, sa barge de copine. Là, Camille avait décroché la timbale. Le Jackpot. Un soir, elle s’était laissée grimper dessus par le premier connard venu. Et puis voilà.

La sage femme entre dans sa chambre.

La silhouette corpulente, des mains de déménageur, mais un visage doux aux traits délicats. C’est elle qui a dirigé - bien plus que le médecin, cet avorton - les opérations d’accouchement. En voyant la jeune maman en larmes, elle lance « Les nerfs larguent les amarres » en lui décochant un clin d’oeil amical. Puis retrouvant son sérieux, elle s’approche d’elle, la couvre d’un regard bienveillant auréolé d’un sourire affectueux. « Tu te sens comment ? » s’enquerre-t-elle. À la demande de Camille, elle la tutoie. « En souvenir de la mission accomplie ensemble » a justifié la gamine, à bout de forces. La mission. Le terme est à peine exagéré. Entre les premières contractions et l’arrivée du nourrisson, il s’était écoulé pas moins de 19 heures, dont la moitié d’intenses douleurs. « À la ramasse » répond la jeune fille, ce qui a pour conséquence d’élargir le sourire de la sage femme. Cette dernière lui propose de prendre le bébé afin qu’elle puisse se reposer, mais la jeune maman secoue mollement la tête. « Il est peut-être temps de les faire venir, non ? » fait l’employée dans une drôle de moue en parlant des parents de la jeune fille qui s’impatientent dans le couloir. À contrecœur, Camille acquiesce. Elle n’a pas souhaité que « ses vieux » assistent à l’accouchement, c’était un point non négociable. Cela a offensé sa mère qui - c’est couru d’avance - sitôt franchi le seuil de la chambre lui fera une réflexion bien sentie à ce sujet. Qu’importe. Camille est trop fatiguée pour répliquer, se disputer et puis surtout, elle s’en fout royalement. Quoiqu’il arrive, ça ne l’affectera pas. D’ailleurs, plus rien ne la touchera désormais, plus personne ne sera capable de la blesser, de lui faire de la peine. Les choses viennent de changer. Le rapport de force s’est inversé de façon irrémédiable. Paradoxalement, malgré l’épuisement, Camille se sent invincible. Indestructible. Les regards mauvais, les rires cyniques, les langues de pute, tout ça se fracassera sur ce rocher de chaire harponné à son corps.

Son fils.

C’est son père qui, le premier, pénètre dans la pièce. Figure imberbe et joufflue. Calvitie bien entamée. Paupières tombantes qu’on trouve chez les résignés et les teckels. Ses épaules sont si affaissées qu’il semble rapetisser à vue d’oeil, se dégonfler comme une baudruche. L’avocat « soumis d’office » comme sa pote Daphné l’a surnommé. Oui, son paternel est avocat. Un avocat Lidl selon sa fille. Un de ceux qui bandait de pénal pour éjaculer dans la fiscalité. Pourtant, c’est un type intelligent son père. Plus jeune, son avenir semblait aussi rectiligne qu’un projectile. Vingt ans plus tard, patatras. Marié trop vite et dépouillé de tout. Plus de fric, plus d’ambition, plus de couilles. La seule chose qui lui reste, c’est sa coquetterie. Un looser, peut-être, mais impeccable en toutes circonstances. Même réveillé en pleine nuit par les cris de sa gosse qui baignait dans ses draps ensanglantés, il avait pris le soin d’être tiré à quatre épingles, de se peigner comme il faut, en plaquant sa mèche rescapée et cendrée sur le côté, au cas où, sait-on jamais, il croiserait un membre éminent du barreau à une heure du matin dans les allées du Centre Hospitalier André Mignot.

En voyant sa fille pâle et les traits tirés, il sourit d’un air piteux, mais ne prononce aucune parole comme s’il attendait la permission de celle qui se trouve dans l’encadrement de la porte, tapie dans son ombre menaçante derrière la silhouette tassée de son mari. La Juge. Visage de glaise. Bouche minuscule, pincée. Chignon noir, strict, et regard plus acéré qu’une griffe de faucon. La Juge. Elle avait baptisé sa mère ainsi. L’autorité, l’homme de la maison, c’était elle. Une garce aigrie et coincée, de celle, toujours d’après Camille, qu’on baise avec un pied de biche. Mais ce qui caractérise La Juge, c’est sa voix. Cette intonation qui pourrait à elle seule régler le problème du réchauffement climatique. « Ne t’inquiète pas, dit-elle, fixant sa fille sans ciller. On s’occupera de tout ». Décision claire. Nette. Et déjà prise. « Je peux assumer » rétorque Camille en soutenant effrontément le regard maternel. Sa mère émet un petit ricanement aigu, et d’un haussement d’épaules l’ignore pour s’intéresser au bébé endormi. « Quel adorable petit coeur » dit-elle, sans chaleur, une main étincelante plaquée sur sa poitrine comme pour joindre le geste à la parole. « De l’autre côté » souffle Camille, les poings serrés sous sa couverture. « Pardon ? » fait dédaigneusement sa mère, mâchoire serrée, en arquant un sourcil. « Le coeur, reprend-elle en pointant du menton la main de sa génitrice, c’est de l’autre côté ». Craignant un énième affrontement, le père s’aventure à prendre une initiative. Le pas incertain, il s’approche vers le lit et avec une tendresse aussi sincère que maladroite, met le dos de sa main contre la joue encore humide de sa fille. « Tu vas bien, poussin ? » questionne-t-il, jetant un coup d’oeil furtif à son épouse, en quête de son approbation. Poussin. C’est comme ça qu’il l’appelait avant, quand elle était petite et qu’à ses yeux d’enfant, son paternel, c’était plus grand, plus fort que le Bon Dieu. Elle sent sa gorge se contracter. En le voyant agir ainsi, elle est prise d’une pitoyable compassion pour cet homme faible aux pieds et à la vie piétinés. Incapable de parler, elle se contente de soupirer pour refouler ses pleurs.

La robuste sage femme fait irruption dans la chambre, un tensiomètre à la main. Intérieurement, Camille la bénit. Les parents s’éclipsent le temps pour l’employée de faire son contrôle. « Dis-leur de repasser plus tard, demande-t-elle à l’infirmière alors que celle-ci s’apprête à partir, je vais me reposer ». Pour la seconde fois, l’employée lui suggère de la soulager en lui prenant l’enfant. « Pas tout de suite, s’il te plait » supplie-t-elle, un sourire las sur son visage. Pour toute réponse, l’employée lui tire la langue et sort.

Le bébé dort profondément. Il a repris des couleurs plus conformes. Au début, quand ils l’ont sorti, elle avait vu un genre de créature comme dans le film Avatar. « Putain, c’est normal, ça ? » s’est-elle exclamée, paniquée. Progressivement, l’épiderme bleuâtre s’est mué en une teinte rosée plus adaptée. Camille peine encore à regarder son enfant sans éprouver ce sentiment de honte. Elle n’a pas oublié toutes les horreurs, les méchancetés qu’elle a proférées contre son fils. Elle a pensé des choses horribles. Elle a souhaité le perdre. Sans le dire ouvertement, elle a espéré qu’il ne survive pas. Qu’il crève. Et maintenant qu’il est là, qu’il respire, plongé dans son sommeil et lové contre son sein blanc, elle s’en veut terriblement. Dans le coin de ses yeux, des larmes perlent à nouveau. Camille se mord la lèvre inférieure pour se contenir. « C’est du passé » se dit-elle à voix basse. De l’histoire ancienne, tout ça. Maintenant, elle va s’en occuper de son petit mec. Demain, après l’hôpital, c’est une nouvelle vie qui commencera. Une vie flambant neuve, étincelante à faire cligner les paupières du soleil. Fini les nuits blanches, les beuveries avec les copains, le cannabis, les plans culs à répétition. Terminé les conneries. Faudra que Daphné comprenne aussi, qu’elle sache que Camille la rebelle vient de raccrocher. Demain, elle sera une mère responsable. Une adulte. Plus qu’un an à tirer dans le bagne familial. Après, la liberté. Elle va se trouver un job, n’importe lequel, et subvenir au besoin de son gosse. Sans rien demander à personne. L’avocat Lidl et La Juge n’y changeront rien. Ils pourront toujours la foutre sur la paille, elle s’en sortira parce que même fauchée, elle possède une fortune inestimable. De l’or en barre, là, juste au creux de son épaule et des stocks d’amour pour des siècles. « Tu vas en recevoir à en crever » dit-elle, les pupilles brillantes, à l’encontre du petit ange dont le souffle chaud sur son cou la galvanise mieux qu’une cargaison d’amphétamines. Rien que de penser à cet avenir qui les attend, Camille s’y voit déjà. Telle une bénédiction céleste, un rayon de soleil s’invite dans la pièce pour illuminer la mère et son enfant.

Un peu plus tard, une autre sage femme pénètre dans la chambre. Elle est aussi grande et menue que sa collègue était trapue. Ses cheveux roux et courts sont taillés en brosse. La blouse blanche qu’elle porte a dû rétrécir au lavage, les manches sont trop courtes. Elle s’appelle Sophie comme en témoigne son badge accroché à son vêtement. Sans la regarder, elle la salue d’un discret hochement de tête. Vérifie rapidement la perfusion. Ferme les rideaux. Par-dessus son épaule, elle s’adresse à Camille d’un ton impersonnel : « Vous avez perdu beaucoup de sang, mademoiselle, vous avez besoin de récupérer ». L’infirmière a raison. Pour pouvoir surmonter les obstacles qui se dresseront devant elle, elle aura besoin de toute son énergie, de toutes ses forces. Tandis que Sophie borde négligemment son lit, Camille se prend à l’observer. De près, en dépit de sa maigreur et sa peau laiteuse, la sage femme a un joli minois parsemé de taches de rousseur. En baissant les yeux, elle remarque sur le poignet gauche de l’infirmière une légère cicatrice. À la vue de cette marque, un souvenir remonte à la surface. À quinze ans, Camille aussi a voulu en finir. Lorsque ses parents, exaspérés par son comportement, lui avaient annoncé qu’ils l’avaient inscrit en pension (« pour t’apprendre la vie » avait persifflé La Juge), elle les avait menacés de se suicider. C’est certain, elle se serait foutue en l’air et salement, un truc avec des bouts de cervelle un peu partout histoire de les faire raquer en frais de teinturerie. Ses yeux s’attardent sur cette entaille au poignet, ce témoignage de désespoir. Elle ressent une vague empathie, une espèce de solidarité muette vis-à-vis de toutes ces femmes admirables dans les cliniques, les hôpitaux ; ces héroïnes du quotidien qui sauvent des vies, ces supers wonderwomen qui nous font oublier qu’elles ont, elles aussi, leurs blessures personnelles à panser, leur propre histoire à raconter.

Camille écrase un bâillement. Elle a beau lutter, ses paupières sont deux sacs de graviers. Sans trop de ménagement, la sage femme lui prend l’enfant. « Reposez-vous, dit-elle en lui tournant, je vous le rapporte dans deux heures ». Le bébé retrousse son nez empâté, gémit et pousse un petit cri pointu. Camille s’apprête à répliquer, mais l’infirmière a déjà quitté la pièce sans lui avoir adressé un seul regard. « Connasse » lui assène en pensée la jeune fille vexée. Elle ferme ensuite les yeux, mais ne parvient pas vraiment à se détendre. Ses parents, le contrecoup de l’accouchement, ses hormones, le futur incertain, tout ça la rend nerveuse. Les paupières closes, elle secoue la tête comme pour chasser un mauvais rêve ou une mèche fantôme. Un poids invisible appuie contre sa cage thoracique. Quelque chose la perturbe. Elle rouvre les yeux, se saisit de son téléphone portable et l’allume. Elle fait dérouler son répertoire et pianote un texto à sa copine Daphné : « Tu passes kan stp ? ».

Quinze minutes plus tard, alors qu’elle commençait à somnoler, la sage femme au physique massif revient avec un plateau-repas et sa bonne humeur coutumière. Une banane, un biscuit, un yaourt. Camille grimace, dépitée. « On avait plus de foie gras, ironise l’employée. Elle se force à manger. « On me le retire quand ce truc ? » demande-t-elle en montrant la perfusion sur son bras. « Ah, un peu de patience » répond la femme, faussement fâchée. Tout en grignotant paresseusement son sablé, Camille l’interpelle : « C’est pas une rigolote votre collègue Sophie ». La sage femme fait une moue étonnée : « Tiens, je la croyais encore en vacances » répond-elle, en tirant les rideaux. Dehors, derrière la fenêtre aux vitres rayées, une pluie grise et sale tombe sans discontinuer. En un quart d’heure, le temps a changé du tout au tout. « En tout cas, pas marrante, la rouquine » renchérit la jeune fille, en repoussant de la main son yaourt après une seule bouchée. L’infirmière suspend son geste. Son corps s’est immobilisé. Puis, elle fait volte-face et fixe la jeune maman, la tête penchée sur le côté. Sur sa bouche épaisse, son sourire s’est légèrement crispé. « Sophie n’est pas rousse » dit-elle, en fronçant les sourcils.

Camille se met alors à blêmir tandis qu’une angoisse sourde vient lui broyer la poitrine.

Le front perlé de sueurs, Victoire roule à une vive allure, les jointures blanches à force d’étrangler le volant. Jetée en boule sur le siège passager, la blouse d’infirmière avec le badge épinglé. Le compteur affiche 110km/h. Elle sait pourtant qu’elle doit faire attention. Ce n’est pas le moment de se faire remarquer ni d’avoir un accident. Les yeux plissés et le souffle court, elle s’oblige à lever le pied de l’accélérateur. La pluie a redoublé d’intensité. Malgré les essuie-glaces, la visibilité est réduite. Au fur et à mesure qu’elle s’éloigne de l’hôpital, elle sent la peur refluer. À voix haute, Victoire s’encourage, tente de se calmer en jetant constamment des coups d’oeil sur le rétroviseur intérieur. Sur la banquette arrière, emmitouflé dans une couverture de laine, le nourrisson. L’enfant.

Son enfant.

Victoire est déjà loin. À présent, son coeur bat à un rythme plus régulier. Elle a gagné. Elle se met à rire nerveusement, puis à hoqueter. Enfin, à pleurer. De joie. De rage. Les larmes inondent ses joues creusées. Machinalement, sa main caresse son ventre plat. Incurablement plat. Se réconcilier avec ce corps aride, amputé et cruel. Faire la paix avec ce traitre.

La voiture s’engage enfin sur la grande bretelle. Autoroute fluide. Plus rien ni personne pour se mettre en travers de son chemin, l’empêcher d’aller au bout de son rêve. De son destin. Un sourire conquérant éclaire alors son visage de cire. Déterminée, Victoire enfonce son pied sur la pédale d’accélération. Le paysage défile. Le Bonheur est là. Ce bonheur qu’on lui a tant de fois interdit, cet amour-là qu’on lui a si longtemps refusé, après tout, elle se dit qu’elle y a droit, elle aussi. Il est tout proche désormais ; à portée de main et à perte de vue, là où la vie n’attend plus qu’elle, à nouveau.

Droit devant. Au bout de la route.

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Published by Widjet - dans Nouvelles
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commentaires

Anthyme 24/08/2016 00:20

Bonsoir.

J’ai bien aimé ce texte court dont le thème est excellent, mais qui à mon humble avis aurait cependant gagné en vraisemblance si l’intrigue avait établi un lien de causalité entre « mère-indigne » et « mère-en-manque ».

Je m’explique :

J’imagine assez bien une Camille ricanant avec ses copines à la terrasse d’un café sur le thème « mon-gros-ventre-la-tronche-des-parents-j’vous-raconte-pas-que-j’ai-bien-envie-d’accoucher-sous-X-qu’y-zauront-même-pas-l’temps-d’baptiser-la-p’tite-merde », sous le regard, ou plutôt l’oreille, d’une dame sirotant par hasard son cognac à la table d’à côté.

À partir de ce moment, la dame en question plaque boulot, amis et habitudes pour ‘filer’ discrètement Camille, tout en préparant sa base de repli dans un pays de l’espace Schengen (la Pologne par exemple) où la vénalité administrative s’accommode assez facilement de la délivrance d’un certificat de naissance …
… et la dame d’attendre ‘le terme’, à la façon d’une chatte devant un trou de souris.

J’imagine bien le récit se terminer avec une Victoire portant son fils sur les fonts baptismaux, heureuse d’avoir conjuré sa stérilité tout en sauvant un enfant d’une mère indigne ; c'est-à-dire doublement comblée — que dis-je ? — triplement comblée par la grâce des sacrements de l’Église !

… … … …

Bon …
Préserver le ‘suspense’ aurait été beaucoup plus délicat et indéniablement beaucoup plus long …


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Il me semble qu’il y a une omission dans :
« Reposez-vous, dit-elle en lui tournant, je vous le rapporte dans deux heures »

« …/… en lui tournant le dos, je vous …etc. » … non ?

… … … …

Au fait : pourquoi ne pas proposer la nouvelle chez Oniris ?

Anthyme